Actu13-1

Air intérieur : premier état de la contamination des logements français en composés organiques semi-volatils

L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) nous livre un premier état de la contamination des logements français en composés organiques semi-volatils : pesticides, phtalates, retardateurs de flamme, etc.

Actu13-1

Les COSV, ou composés organiques semi-volatils, regroupent un ensemble de substances chimiques, d’origines diverses, présentes à la fois dans l’air et dans les poussières déposées sur les sols des environnements intérieurs.

Pour la première fois en France, une campagne de mesure de grande ampleur a été menée pour connaître l’état de la contamination des logements en COSV. Ce travail a été coordonné par le CSTB* et l’EHESP** dans le cadre des travaux de l’OQAI.

Dans les environnements intérieurs, les COSV sont émis par les matériaux plastiques (phtalates), les ordinateurs et les textiles d’ameublement (retardateurs de flamme polybromés notamment), les détergents (muscs de synthèse) ou les traitements insecticides (pyréthrinoïdes). Ils peuvent aussi être utilisés dans des objets du quotidien ayant, par exemple, des propriétés antiadhésives ou antisalissures (perfluorés).

Certains, comme les polychlorobiphényles (PCB), ne sont aujourd’hui plus autorisés, mais ils peuvent encore être émis par des joints d’étanchéité utilisés dans les années 1970 et toujours en place dans les bâtiments.

familleschimiques

Une fois émis dans l’environnement intérieur, les COSV vont s’adsorber sur les surfaces disponibles (incluant les particules en suspension et les poussières déposées) et persister plusieurs années pour la plupart.

Certains COSV sont suspectés d’avoir des effets sur le système nerveux et le système immunitaire. De plus, certains sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire d’interférer avec le fonctionnement du système hormonal. Ceci peut entraîner des effets sur le système reproducteur (baisse de la fertilité, malformation, cancer, etc.) ou l’augmentation de l’obésité, par exemple.

Les résultats de l’étude montrent une forte hétérogénéité des COSV présents dans les logements français. Dans les poussières au sol, 32 des 48 COSV recherchés (67%) sont présents dans plus d’un logement sur deux. Dans l’air, 35 des 66 COSV recherchés (53%) sont présents dans plus d’un logement sur deux.

Certains COSV, notamment les phtalates et les HAP (Hydrocarbures aromatiques Polycycliques), sont détectés dans quasiment tous les logements, à la fois dans l’air et dans les poussières. D’autres COSV sont peu détectés, comme les pesticides organochlorés et organophosphorés et certains PCB (Polychlorobiphényles) et PBDE (Polybromodiphényléthers). Quelques-uns ne sont jamais détectés.

Des différences très importantes existent entre les concentrations observées en fonction des substances. Ainsi dans les poussières au sol : des concentrations maximales supérieures à 1 milligramme par gramme (mg/g) ont été relevées pour quatre phtalates (DEHP, DiNP, DiBP, BBP) et la perméthrine, contre quelques dizaines de nanogrammes par gramme (ng/g) pour plusieurs BDE et quelques PCB.

Dans l’air, les concentrations vont de quelques microgrammes par mètre cube (µg/m3) pour les phtalates (DEHP et le DiNP) à quelques picrogrammes (pg/m3) pour les PCB, les PBDE, les alkylphénols et les pesticides organochlorés et organophosphorés.

S’agissant du bisphénol A (BPA) : dans les poussières au sol, les concentrations médianes s’élèvent à 4,2 µg/g. Elles sont inférieures à 1 ng/ m3 dans l’air.

Ces campagnes de mesure des COSV sont intégrées au projet global ECOS-Habitat « Expositions cumulées aux composés organiques semi-volatils dans l’habitat », piloté par l’Institut de recherche en santé, environnement et travail (Irset). Les concentrations mesurées seront utilisées pour caractériser les expositions de la population française et les risques associés, en tenant compte des mélanges de composés et de leurs effets sanitaires communs.

Des travaux spécifiques sont également en cours ou prévus, comme la recherche des relations entre les concentrations en COSV dans l’air et le taux de renouvellement d’air des logements, les caractéristiques des constructions, les habitudes des occupants ou les niveaux socio-économiques des ménages.

Source : www.oqai.fr