C’est ici que sera installée la plus haute piscine de la région parisienne

Tour

Ce sera l’une des plus hautes rénovations de la capitale. À Saint-Denis, la tour Pleyel désamiantée doit se transformer en hôtel haut de gamme pour 2023. Avec une piscine dans les derniers étages. Visite de chantier.

Du haut de ses 129 mètres, la tour Pleyel qui a longtemps arboré une robe quasiment noire domine tout le département de la Seine-Saint-Denis. Ce gratte-ciel emblématique de la ville de Saint-Denis est peu connu sous son nom officiel mais la plupart des automobilistes de la région parisienne ont identifié, un moment ou un autre, son immense panneau publicitaire rotatif, visible par deux millions de personnes. Il a notamment vanté les marques Bayer, Philips ou Siemens. Depuis fin 2018, cette tour mal-aimée est réduite à l’état de squelette au terme d’un immense chantier de désiamantage et du retrait des plaques d’acier Corten (un acier d’aspect rouillé à la résistance renforcée) qui la recouvrait.

Maintenant que le permis de construire est purgé de tout recours et que la plupart des dernières formalités sont effectuées, le chantier de transformation de cet immeuble de bureaux en hôtel devrait pouvoir démarrer dès la fin de l’année. «J’ai hâte que le chantier reprenne voire que l’on recouvre la tour d’une bâche», admet Boris Litty, directeur délégué de la Financière des quatre rives, qui pilote le projet pour le compte de Pleyel Investissement, la société créée par la compagnie d’assurances AFI ESCA (groupe Burrus). Il est vrai que l’aspect rouillé de la tour (dû aux traces laissées par l’acier Corten sur la structure de l’immeuble) et son côté squelettique ne sont pas du meilleur effet.

Rassembler 900 lots de copropriété

C’est en fait un travail de très longue haleine qui est sur le point de déboucher pour un projet lancé dès 2008 quand la tour n’attirait plus de locataire. Boris Litty a notamment dû rassembler les 900 lots de cette copropriété qui comptait des locataires occupant de 25 à 2000 m². Un sacré pari financier et immobilier pour donner à ce site une grandeur qu’il n’a jamais connue. Bâtie en 1973 en lieu et place de la manufacture de pianos Pleyel, la tour Pleyel Ouest devait être la première des quatre points cardinaux. En plein choc pétrolier, les trois autres n’ont jamais suivi. Mais le projet de Pleyel Investissement prévoit, outre la rénovation de la tour existante, de créer un vaste immeuble en «U» avec un centre de conférence ainsi qu’une seconde tour de grande hauteur. L’ensemble final devrait s’étendre en 2023 sur 77.000 m² dont 35.000 m² pour la tour principale.

Une visite au sommet de la tour permet de se rendre compte que le pari risqué devrait être gagnant. Dans la perspective du Grand Paris, la tour mal-aimée située non loin du Stade de France, sera surtout au cœur du hub de transport Saint-Denis Pleyel avec ses 4 lignes de métro, sans oublier les village et piscine olympiques attendus pour les JO 2024. Après avoir planché sur plusieurs affectations, le propriétaire des lieux a choisi de faire de la tour Pleyel restructurée, un hôtel trois et quatre étoiles de près de 700 chambres tandis que les autres constructions neuves accueilleront bureaux, commerces et centre de conférences. «La hauteur de plafond limité et les coûts de rénovation rendaient l’utilisation en bureaux peu compétitive, explique Boris Litty. Et une utilisation mixte de la tour augmente les coûts avec la multiplication des contraintes de sécurité. Or, il n’y a pas d’hôtel par ici alors que nous sommes parfaitement situés, non loin de Paris du Stade de France et de Roissy.» De quoi attirer à la fois la clientèle d’affaires comme celle de tourisme.

Un panneau publicitaire au lieu d’un héliport

Parmi les atouts du futur établissement hôtelier, il y a bien sûr un panorama exceptionnel. Mais aussi une arme secrète: une piscine dans les derniers étages qui viendra se loger dans une cavité existante de l’immeuble (voir notre diaporama). Une prestation sans équivalent dans la capitale dont les piscines d’hôtel ne dépassent pas le sixième étage. L’ensemble se complétera bien évidemment d’un restaurant panoramique au dernier étage. L’endroit qui devait accueillir initialement un héliport n’a jamais pu être mis en fonction car la forme de la tour générait trop de turbulences aériennes. C’est pourquoi la lourde mécanique d’un panneau publicitaire rotatif a pu finalement être installée sur la toiture renforcée de l’immeuble. Toujours opérationnel, le panneau permettra d’afficher d’ici 2023 l’enseigne hôtelière exploitant les lieux. L’accord semble quasiment obtenu mais les noms ne seront dévoilés que plus tard.

Source : immobilier.lefigaro.fr