Greta Thunberg : une jeune activiste engagée pour le climat devant l’Assemblée Nationale

greta

Greta Thunberg : la  présence à l’assemblée nationale de la jeune activiste fait débat

Ce mardi 23 juillet, la jeune activiste suédoise Greta Thunberg a été reçue à l’Assemblée nationale,par à l’initiative de162 parlementaires d’Accélérons la transition écologique et solidaire, afin d’insister sur l’urgence de l’action face au dérèglement climatique. Du haut de ses 16 ans, Greta mène fièrement son combat et s’est même mise en grève scolaire pour le climat. Pourtant, Greta Thunberg déchaîne les passions en France, jusque dans la classe politique. Son intervention à l’Assemblée vivement critiquée en est une preuve de plus.

Greta Thunberg : un discours percutant

Des propos vifs et dénonciateurs

Grâce à son intervention d’une trentaine de minutes devant les députés, Greta Thunberg a contribué à faire bouger les lignes et à faire évoluer certaines consciences notamment à-propos du réchauffement climatique, qui est une urgence indéniable. A-travers son discours, manié d’ironie très construit et réfléchi elle n’a qu’un seul but : mobiliser et s’adresse aux hommes politiques qui lui font face dont elle critique l’inefficacité. Elle interpelle ainsi également les entreprises, les politiques et les médias qui sont mis en cause en les accusant de manque de sérieux et leur manque d’implication. La jeune fille militante pourrait servir de porte-parole pour les jeunes.

Son allocution, d’une trentaine de minute, simple mais rodée, se terminera par un avertissement lancé aux politiques « Déclarer l’état d’urgence climatique, c’est bien », affirme l’adolescente suédoise. « Mais il faut agir, avant tout ». L’intervention sera saluée par les applaudissements de l’assemblée, notamment par ceux du parti d’Emmanuel Macron.

A travers son discours, Greta Thunberg souhaite non seulement mobiliser les hommes politiques autour du réchauffement climatique, et critique leur inefficacité, mais aussi interpeller les entreprises et les médias qu’elle juge nonchalants vis à vis de cette cause pourtant capitale.

 

Greta Thunberg : un discours controversé

Des propos polémiques et légitimité remise en cause

L’intervention de la jeune Greta ne fait pas l’unanimité parmi les élus, dont certains, notamment dans les rangs des Républicains, dénoncent une opération de communication fondée sur l’incroyable popularité de la jeune fille, et ont même appelé au boycott de son intervention.

Gourou apocalyptique », « prophétesse en culottes courtes »… les opposants à la venue de Greta Thunberg n’ont pas ménagé leurs qualificatifs.

Ainsi le député Julien Aubert, sans appeler au boycott, a fait savoir qu’il n’assisterait pas au dicours de Greta Thunberg. « Ne comptez pas sur moi pour applaudir une prophétesse en culottes courtes, « Prix Nobel de la peur » », écrit-il en ajoutant : « La planète, oui. Le greenbusiness, non. »

« Non à l’infantilisation obscurantiste, la moraline et la terreur par la peur. Greta Thunberg invitée d’honneur [des questions au gouvernement] : l’Assemblée se couvre de ridicule », a jugé de son côté Jean-Louis Thieriot, député LR de Seine-et-Marne. Au moment de l’intervention de l’adolescente, « nous serons nombreux à choisir d’accomplir sérieusement notre travail plutôt que de participer à un “show” », assure l’élue LR des Hauts-de-Seine Constance Le Grip.

Des élus de gauche ont par ailleurs fait valoir au cours de ces derniers jours qu’il était « incompréhensible » que la majorité vante les mérites de la jeune adolescente et vote mardi, au moment même de sa venue, le projet de loi de ratification du traité CETA de libre-échange entre l’UE et le Canada, nocif selon eux pour l’environnement.

Greta Thunberg : un discours concours de circonstances

Entre accord de libre-échange et dérèglement climatique : une confusion

Des députés de l’opposition ont souligné l’incohérence à leurs yeux d’accueillir la militante écologiste Greta Thunberg, à l’Assemblée nationale ce mardi 23 juillet, le même jour que le vote sur le Ceta.  L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, dont la ratification a été approuvée par une majorité de députés dans l’après-midi, est accusé d’encourager le dérèglement climatique et d’ouvrir la porte à des substances dangereuses.

Dans les couloirs de l’Assemblée, plusieurs députés, de droite et de gauche, voient une contradiction notoire à inviter la jeune fille de 16 ans le jour même du vote sur ce traité.

Le vote du texte a pourtant bien eu lieu vers 16h à l’Assemblée, et la ratification a été approuvée à 266 voix contre 213. Si la droite et même la majorité se sont divisées (52 députés LREM se sont abstenus, 9 ont voté contre), la gauche était unanimement contre. C’est désormais au tour du Sénat d’être consulté, à une date qui n’est pas encore définie. Ces votes nationaux se poursuivent dans toute l’Europe. Au total, 38 assemblées nationales ou régionales doivent se prononcer.