La chute des ventes de maisons, un choix «assumé» par Denormandie

julien_denormandie_mct

Le ministre du Logement reconnaît avoir fait un «choix politique»: celui de dynamiser les centres-villes au détriment de la construction des maisons.

Promis au début du quinquennat d’Emmanuel Macron, le «choc d’offre» de logements n’est plus sans condition. Le gouvernement assume désormais clairement d’avoir découragé la construction de maisons, au profit de la relance des centres-villes. «J’ai fait un choix politique, a déclaré jeudi Julien Denormandie, ministre du Logement, sur BFM Business. La conséquence, c’est (que) vous avez une diminution de la construction de maisons individuelles». Les propos du ministre contrastent, a priori, avec l’objectif de ce «choc d’offre», même si Julien Denormandie l’a amendé par la suite en mettant l’accent sur la rénovation de logements existants. L’objectif de relance de la construction n’a, pour l’heure, pas été suivi d’effets puisqu’elle décline depuis 2018 en France.

Ce phénomène a de multiples explications, selon les logements concernés: pour les immeubles, les promoteurs mettent surtout l’accent sur la complexité à lancer des projets, notamment face à la difficulté d’obtenir des permis de construire. Mais pour les maisons, où le déclin est le plus marqué, c’est une baisse de la demande qui est avant tout citée par les entreprises et les économistes. La raison? La réduction du prêt à taux zéro, aide majeure à la propriété, puis sa suppression annoncée dans les zones dites détendues.

Ces zones, situées généralement en périphérie des villes ou dans les campagnes, correspondent aux endroits où l’offre de logements est considérée comme suffisante par rapport à la demande. Elles recoupent largement le marché des maisons neuves. «Il y a des maisons individuelles qui naissent du fait de dispositifs fiscaux que l’État avait créés. (La) conséquence, c’était que le centre-ville périclitait, le centre-ville disparaissait, a détaillé Julien Denormandie. Tout le monde allait vers ces nouvelles maisons individuelles. Ce n’est pas la société qu’on souhaite. Dans toutes ces villes, on va plutôt aller revitaliser l’intérieur, parce qu’on ne veut pas de logements vacants ou de logements qui se paupérisent.»

 

Ces déclarations font écho à un programme public de soutien aux centres de plus de 200 villes moyennes. C’est là que doit notamment s’appliquer un dispositif fiscal qui porte le nom de Julien Denormandie et encourage la rénovation de logements.

Ces propos s’inscrivent aussi dans une politique de plus en plus affichée de lutte contre «l’étalement urbain». Ce concept recouvre l’idée d’une urbanisation jugée trop rapide en périphérie des villes, au détriment de l’agriculture et de l’écologie. Le gouvernement a mis en place cet été un «groupe de travail» sous l’égide de plusieurs ministères, dont celui du Logement, qui doit réunir ONG, élus et professionnels pour lutter contre ce phénomène supposé d’étalement l’«artificialisation» des sols. «Je suis un peu étonné par les propos du ministre du Logement qui est d’habitude très à l’écoute sur l’activité de notre secteur, a regretté Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment. Si on remplace la maison individuelle en zone rurale par du collectif en centre-ville, on abandonne la proie pour l’ombre: il va falloir au moins trois ans pour redensifier les centres-villes, a-t-il avancé. C’est priver d’un choix individuel, par une sélection par l’argent, un certain nombre de jeunes ménages qui veulent construire dans ces zones-là.»

Source : https://immobilier.lefigaro.fr